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Can J Hosp Pharm. 2009 Jul-Aug; 62(4): 274–275.
French.
PMCID: PMC2826961

« J’entends et j’oublie, je vois et je me souviens, je fais et je comprends »

Dans ce numéro du JCPH, Ackman et Mysak1 ont décrit l’intégration des étudiants de deuxième année en pharmacie dans le milieu hospitalier. Ce ministage clinique a été efficace pour donner aux étudiants une compréhension précoce du rôle des pharmaciens d’hôpitaux. L’expérience a été jugée positive et utile à la fois pour les étudiants et pour leurs précepteurs. Ces résultats ne sont pas surprenants et peuvent être expliqués en remontant notre histoire jusqu’à la naissance de l’apprentissage professionnel en pharmacie au Canada.

L’enseignement de la pharmacie a vu le jour en Ontario en 1868, et portait particulièrement sur une longue période d’apprentissage traditionnel2. La conception des modules d’apprentissage se fondait sur les principes du philosophe et réformateur chinois, Confucius (551 à 479 av. J.-C.), qui disait « J’entends et j’oublie. Je vois et je me souviens. Je fais et je comprends. » Depuis, l’enseignement de la pharmacie est devenu plus théorique, avec la complexité des connaissances thérapeutiques qui doivent être acquises justifiant la nécessité de suivre plusieurs années d’éducation régulière. Cependant, une question surgit aujourd’hui : oublions-nous, du moins en partie, la composante de l’apprentissage expérientiel de notre profession? Être un professionnel ne signifie pas seulement que le praticien doive posséder des connaissances dans certains domaines de spécialité; la capacité d’utiliser ces connaissances dans des situations concrètes est également importante. Certains diront que la formation expérientielle formelle enchâssée dans les programmes d’études et le stage exigé de nos jours par les organismes de réglementation après l’obtention du diplôme constituent nos nouvelles formes d’apprentissage.

Une façon novatrice de former les pharmaciens, et en laquelle je crois fermement, est l’alternance travail-études aussi appelée enseignement coopératif, et je citerai en exemple le programme offert par l’École de pharmacie de l’Université de Waterloo. Ce programme a été défini comme « un modèle d’éducation favorisant l’apprentissage continu par la combinaison de l’enseignement traditionnel et de l’expérience pratique acquise en milieu de travail. Il s’agit d’un modèle axé sur l’apprenant où l’étudiant est responsable de diriger son apprentissage et d’apporter une contribution valable. »3 Cette méthode est fidèle à l’ancien modèle d’enseignement de la pharmacie, où l’apprenti consacrait tout son temps à l’apprentissage de son métier. Voilà un modèle que nous devrions appuyer et promouvoir. Lors d’échanges avec le coordonnateur/formateur expérientiel à l’École de pharmacie de l’Université de Waterloo, j’ai appris qu’on savait peu de choses sur la portée du programme d’enseignement coopératif de la pharmacie (Heather Chase, communication personnelle par courriel, le 23 avril 2009). Toutefois, divers éléments viennent appuyer cette approche, notamment les principes de l’apprentissage chez l’adulte et des données d’un sondage mené chez des étudiants d’un programme d’enseignement coopératif dans une autre discipline. Au moins trois des sept principes de l’apprentissage chez l’adulte4 sont satisfaits par l’expérience en milieu de travail qu’offre un stage clinique ou un programme coopératif : les adultes apprennent par la pratique, l’apprentissage des adultes est axé sur les problèmes (et les problèmes doivent être vraisemblables), et les adultes apprennent mieux dans un cadre informel. Les résultats d’un sondage mené par Nasr et ses collègues5 chez des étudiants d’un programme coopératif en ingénierie ont montré que leur expérience d’études-emploi avait amélioré leur capacité à travailler au sein d’équipes multidisciplinaires et à communiquer efficacement, leur avait permis de comprendre les responsabilités professionnelles et déontologiques, et leur avait aussi permis de mieux reconnaître le besoin et l’aptitude à s’engager dans des activités d’éducation continue5. Ce sont là des qualités que nos étudiants en pharmacie doivent aussi cultiver.

L’Université de Waterloo n’est pas la seule à promouvoir l’apprentissage expérientiel pour les pharmaciens. Les programmes de doctorat de premier cycle en pharmacie de plusieurs établissements promeuvent plus de stages cliniques. L’Université de Toronto est en train de mettre sur pied un programme visant à intégrer les étudiants en milieux de pratique par le truchement d’une structure reposant sur les « communautés de pratique ». La profession a été et continue d’être sur la bonne voie en favorisant de plus en plus l’apprentissage expérientiel, comme le projet décrit par Ackman et Mysak dans ce numéro du JCHP 1. De mon point de vue, l’expérience d’apprentissage des étudiants en pharmacie ne se termine pas avec la fin de leur éducation régulière. En fait, elle est sans fin!

Références

1. Ackman ML, Mysak TM. Structuring an early clinical experience for pharmacy students: lessons learned from the hospital perspective. Can J Hosp Pharm. 2009;62(4):320–325. [Article PMC gratuit] [PubMed]
2. Blackburn J. Canadian Pharmacists Association 1907–2007: 100 years of leadership in pharmacy. Ottawa (ON): Association des pharmaciens du Canada; 2007. Supporting professional education. Dans : Rantucci M, rédactrice; pp. 105–114.
3. Chase H, Roach R. The co-op capsule. Waterloo (ON): University of Waterloo, School of Pharmacy; 2008.
4. Ottawa (ON): Movement for Canadian Literacy; 2009. Principles of adult learning. Publié à www.literacy.ca/?q=literacy/literacyprofessionals/principles. Consulté le 1er mai 2009.
5. Nasr K, Pennington J, Andres C. A study of students’ assessment of cooperative education outcomes. J Coop Educ Internsh. 2004;38(1):13–21.

Articles from The Canadian Journal of Hospital Pharmacy are provided here courtesy of Canadian Society Of Hospital Pharmacists