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Can J Cardiol. 2009 août; 25(8): 449–450.
French.
PMCID: PMC2732370

Conciliation travail-famille: Pourquoi ne pas écouter nos propres conseils?

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Dr Charles R Kerr

Les mois d’été seront rapidement passés et j’espère sincèrement que chacun d’entre vous aura pu se détendre, refaire le plein d’énergie et passer du temps avec ses proches et amis. Au cours des derniers mois, j’ai beaucoup réfléchi à la conciliation travail-famille. La pression grandit sans cesse pour que nos journées soient toujours plus remplies. Le temps est difficile à gérer et cela entraîne parfois des difficultés d’ordre personnel. Depuis quelques années, nos cas sont de plus en plus complexes, ce qui s’ajoute à une prévalence accrue de la maladie chronique. Ces facteurs, alliés aux demandes d’une population vieillissante, taxent encore davantage notre système et compromet notre capacité d’administrer des soins de qualité. Nous devons rechercher toutes les occasions possibles d’innover et changer notre façon d’évaluer et de traiter nos patients si nous voulons arriver à répondre aux besoins de tous, ceux de nos patients, comme ceux de nos familles et les nôtres.

Dans l’édition de janvier du Journal canadien de cardiologie, Louise Marcus, directrice, Politique de la santé et défense des intérêts, de la Société canadienne de cardiologie (SCC), a publié des renseignements très intéressants tirés du Sondage national des médecins de 2007. Le Sondage national des médecins est un questionnaire consensuel administré tous les trois ans conjointement par le Collège des médecins de famille du Canada, l’Association médicale du Canada et le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. La troisième partie du rapport s’attardait aux conclusions ayant trait aux questions d’ordre professionnel, notamment à la répartition du temps, aux semaines de travail, aux heures de garde, au revenu et à la satisfaction au travail.

Les cardiologues ont fait état de semaines de travail moyennes de 57,8 heures, en plus de leurs gardes. Bien que cela concorde avec la moyenne de toutes les autres spécialités, les cardiologues passent également, semble-t-il, plus de 60 % de ce temps à prodiguer des soins aux patients. Ce qui les place au second rang parmi les spécialités en médecine interne. Les chirurgiens cardiovasculaires (CV) ont déclaré des heures de travail beaucoup plus longues, soit en moyenne 65,5 h, dont 42,7 h généralement passées au chevet des patients. La majorité des deux groupes (80 % des cardiologues et 81 % des chirurgiens CV) fait également des heures de garde et une portion importante de ce temps est consacrée aux patients qui sont hospitalisés ou qui consultent aux urgences. En outre, 61 % des cardiologues et 78 % des chirurgiens CV ont signalé avoir passé des périodes de 24 heures successives sur appel pour soigner les patients. Parmi ces répondants, un nombre important a signalé avoir dû soigner des patients une fois les 24 heures de garde passées, (soit respectivement, 89 % et 96 %).

Il n’y a donc aucun doute dans mon esprit, nous travaillons très fort.

Bien que ces données fournissent un portrait instantané précis des responsabilités cliniques des spécialistes cardiovasculaires, nous devons aussi tenir compte de plusieurs autres responsabilités, notamment aux chapitres du maintien des compétences, de l’enseignement et des tâches administratives. Ceux d’entre nous qui participent aussi à la recherche subissent encore d’autres pressions pour répondre à des attentes parfois irréalistes sur le plan des responsabilités et des échéanciers inhérents aux essais cliniques.

Pour gérer avec succès notre charge de travail, nous devons rechercher toutes les occasions de modifier la façon dont l’ensemble des professionnels de la santé abordent les soins. Nous devons rencontrer nos infirmières spécialisées, nos infirmières praticiennes et autres talentueux collègues des autres professions de la santé pour instaurer des modèles de collaboration efficaces dans la prestation des soins. Je suis très encouragé de voir que plusieurs hôpitaux et centres de soins de santé un peu partout au Canada commencent à adopter cette approche qui nous servira bien à l’avenir, j’en suis persuadé.

La Clinique de fonction cardiaque de l’Hôpital St. Paul (Vancouver, Colombie-Britannique) illustre fort bien comment les médecins, les infirmières, les pharmaciens, les travailleurs sociaux et les diététistes peuvent travailler de concert pour générer une plus grande efficacité et réduire les temps d’attente. Créée en 1999, la Clinique dessert les patients de tous les coins de la Colombie-Britannique qui ont un diagnostic d’insuffisance cardiaque. Depuis une décennie, la Clinique s’est substantiellement développée et on y examine des milliers de patients, on y rédige leurs ordonnances, en plus de les conseiller sur la façon de mieux prendre en charge leur maladie au quotidien. L’infirmière est le premier point de contact pour chaque patient. Elle s’occupe de recueillir les données initiales, tels que les antécédents médicaux et autres renseignements de base concernant les patients. Les infirmières travaillent ensuite ensemble avec les médecins pour mettre au point un plan de soins coordonné. Ce modèle a connu un grand succès en augmentant significativement l’efficience de la Clinique et en lui permettant de continuer de prendre en charge un nombre sans cesse croissant de cas, tout en maintenant les temps d’attente au minimum.

L’Institut de cardiologie de Montréal, au Québec, est un autre exemple éloquent qui montre en quoi les soins coordonnés simplifient l’approche. L’équipe pluridisciplinaire de l’Institut met à contribution les compétences et les connaissances des infirmières cliniciennes, des infirmières praticiennes, des pharmaciens et des diététistes pour offrir un plan de traitement complet aux patients. Grâce à l’approche unique de l’équipe de l’Institut, l’utilisation des ressources s’est considérablement améliorée et le nombre d’hospitalisations et de consultations aux urgences de l’Institut a diminué.

En plus de promouvoir l’innovation dans nos modèles de soins, nous devons aussi nous attaquer à la pénurie d’effectifs qui affecte beaucoup de médecins au Canada. Un peu partout au pays, des régions souffrent d’un manque chronique de médecins. Cela s’observe davantage en région rurale, où un médecin est parfois le seul professionnel de la santé à desservir plusieurs collectivités et contraste nettement avec le nombre parfois dispro-portionné de médecins qui exercent dans certaines spécialités. Des programmes provinciaux ont été mis en œuvre pour tâcher de résoudre ce problème, mais selon moi, il est possible de faire plus.

L’Association médicale canadienne met sur pied un projet de planification des effectifs qui nous donnera plus de renseignements sur certaines problématiques spécifiques auxquelles les médecins canadiens sont confrontés. Il s’agit d’une première étape importante qui nous permettra de trouver des pistes de solutions et faire en sorte que les médecins de partout au pays disposent des outils et des programmes dont ils ont besoin pour concilier travail et famille. L’un des aspects du projet qui m’intéresse particulièrement est une étude qui vise à déterminer de quelle façon nous pouvons aider davantage les femmes médecins, mères de jeunes enfants, à répondre aux besoins de leur progéniture tout en continuant de développer leur carrière. Il s’agit d’un projet intéressant et c’est avec plaisir que je vous tiendrai au courant de sa progression.

Chez les médecins fraîchement diplômés, on note une tendance vers un meilleur équilibre sur le plan du mode de vie. Beaucoup choisissent de travailler à temps partiel ou prennent le temps de voyager. Plusieurs de nos médecins plus âgés, parfois plus sages et expérimentés, souhaitent ralentir tout en continuant de travailler. Nous devons rendre ces différentes formules possibles.

Nous passons beaucoup de temps à renseigner nos patients sur les outils et les stratégies qu’ils peuvent utiliser afin de soulager leur stress et équilibrer leur vie. Le conseil le meilleur et le plus simple que nous puissions leur donner est de prendre du temps pour eux-mêmes. En dépit des améliorations nécessaires à apporter au système pour nous aider à découvrir de nouvelles façons de soigner nos patients, je crois fermement que la première étape consiste simplement à suivre nos propres judicieux conseils et à nous assurer de bien prendre le temps de nous reposer, de cultiver nos liens avec nos proches et de trouver plus d’équilibre dans nos vies. Comme médecin, je m’accuse d’avoir travaillé trop, d’avoir négligé certains aspects de ma vie, mais j’ai toujours pris le temps de faire des activités avec ma famille. Je crois que quiconque travaille fort a aussi le droit de s’amuser beaucoup.

Comme toujours, je vous invite à communiquer avec moi par courriel, à l’adresse ac.SCC@tnediserp, si vous avez des questions, des commentaires, des idées ou des critiques constructives. Je m’engage à vous répondre personnellement ou à demander aux membres de l’exécutif ou du personnel de la SCC concerné de vous répondre directement.


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