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Can Fam Physician. 2008 janvier; 54(1): 144.
French.
PMCID: PMC2329893

Honorer notre passé et façonner notre avenir

C. Ruth Wilson, MD CCFP FCFP
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J‘aime bien demander à des Canadiens de raconter comment ils en sont venus à habiter ce pays. Êtesvous d’ascendance inuite, métisse ou des Premières nations, les premiers peuples de ce territoire? Vos aïeux sont-ils venus ici par amour, pour l’argent, pour échapper à des persécutions religieuses? Cherchaient-ils à bâtir un meilleur avenir, pas pour eux-mêmes, mais pour leurs enfants?

Je suis née à Winnipeg, Manitoba, et, même si mes 4 grands-parents habitaient ici à ma naissance, ils venaient tous d’ailleurs. J’ai choisi comme thème de mon année présidentielle au Collège «Hommage au passé et aux architectes de notre avenir». Permettez-moi de rendre hommage au passé en vous parlant de mes origines.

Histoire de la famille

Grand-père Wilson est arrivé d’Écosse à l’adolescence avec son frère aîné. Peu après, il est allé à la Première Guerre mondiale avec le 11e Bataillon du Canadian Engineers. Même s’il n’en parlait pas, nous avons su récemment, d’après ses dossiers militaires, qu’il était à la crête de Vimy. Revenu de la guerre, il a travaillé au service de l’entretien du Winnipeg General Hospital, jusqu’à sa retraite. À tous points de vue, il était bon dans son travail, jovial et compétent.

Il a épousé ma grand-mère à son retour de la guerre. Elle était la fille de sa chambrière, mon arrière-grand-mère, venue d’Écosse avec son mari et 4 enfants après qu’on leur ait dit que seul l’air des Prairies canadiennes pourrait aider sa maladie pulmonaire chronique. Il est décédé moins d’un an après son arrivée; elle a ouvert alors une pension de famille. Sa fille, ma grand-mère, a vécu en bonne santé, alerte et autonome jusqu’à 92 ans et j’ai eu la chance de bien la connaître. En tant qu’immigrante, elle aimait particulièrement le système canadien de sécurité sociale, surtout la Sécurité de la vieillesse et le Régime de pensions du Canada, qui lui ont permis de rester dans sa propre maison. Elle avait le sens de l’humour et savait se moquer des autres et d’elle-même.

Mon grand-père maternel a grandi sur l’avenue Spadina à Toronto, Ontario. Sa mère était veuve (son mari étant mort de tuberculose) et elle tenait un magasin de charbon. Il était fils unique. Il a fini par devenir doyen du Département de théologie à l’United College, maintenant l’Université de Winnipeg. Il avait brièvement envisagé la médecine comme carrière, mais il croyait que la théologie était la reine des sciences. Mon grand-père adorait le canot, le camping et les grands espaces sauvages canadiens, qui ont tous fait partie intégrante de notre vie familiale.

La famille de son épouse, mon autre grand-mère, remonte, 15 générations auparavant, à un couple venu de Nouvelle-Angleterre sur le William and Mary en 1634. Peut-être sont-ils venus ici à cause de la peste qui avait décimé leur ville de Salisbury, en Angleterre, 7 ans plus tôt? Ma grand-mère était une organisatrice formidable et s’intéressait grandement à la mission de l’Église outre-mer.

Traits communs

Pourquoi vous parler de mes grands-parents? Je crois que tous les médecins de famille ont des qualités qui ressemblent de près à ceux de mes grands-parents.

D’abord, nous sommes familiers avec l’entretien. Nous avons l’habitude d’assurer jovialement la continuité, sachant que tous les jours quelque chose ou quelqu’un flanche. Nous savons que certains problèmes peuvent se régler et d’autres, prévenus, mais il y a toujours du travail à faire. De plus, il convient de souligner que nous n’avons pas peur d’utiliser les outils de notre profession, que ce soit les appareils d’anesthésie, les ventouses obstétricales ou les dossiers médicaux électroniques.

Ensuite, nous sommes d’ardents observateurs de la faiblesse humaine. Nous connaissons assez bien la nature humaine et nous voyons les gens dans leur plus stricte intimité: remplis de joie, atterrés par le chagrin, stressés par les mauvaises nouvelles ou aux prises avec la douleur. Nous savons qu’il faut continuer, comme l’a recommandé Osler, avec sang-froid et une bonne dose d’humour quand c’est possible.

Troisièmement, nous comprenons la nécessité de guérir l’âme. Les médecins de famille savent que la santé et la maladie se trouvent aussi bien dans le corps que l’esprit: il n’y a pas de séparation entre la pensée, le corps et l’âme. De plus, nous sommes conscients que quelque chose transcende notre très minime compréhension de la guérison.

Enfin, nous nous préoccupons des gens partout dans le monde et nous avons les compétences qui nous aident à aider autrui. En nous rappelant les familles et les personnes qui composent l’histoire du Canada et la nôtre, nous misons sur leurs forces et leurs caractéristiques pour nous faire les architectes de notre avenir en tant que praticiens précieux et compétents dans la discipline de la médecine familiale.


Articles from Canadian Family Physician are provided here courtesy of College of Family Physicians of Canada