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Can Fam Physician. 2008 avril; 54(4): 654.
French.
PMCID: PMC2294105

Le facteur X

C. Ruth Wilson, MD CCFP FCFP
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Maintenant, vous êtes une femme mariée, n’estce pas? C’était souvent la question que me posaient mes patientes du Nord de Terre-Neuve, avant de se sentir à l’aise de me confier divers problèmes. J’étais une de ces «femmes docteures» du bon sexe avec qui elles pouvaient parler de leurs problèmes gynécologiques ou conjugaux.

Il s’est écoulé de nombreuses années depuis que Dre Emily Stowe est devenue la première femme médecin à pratiquer dans ce pays; en 1870, sa consœur, Dre Jenny Trout, était la première femme à obtenir son permis d’exercice au Canada. La fille de Dre Stowe, Dre Augusta Stowe-Gullen, était la première femme à obtenir son diplôme d’une faculté de médecine canadienne, en 1883.

Dans ma propre cohorte, nous étions 20% de femmes, suffisamment pour ne pas être qualifiées d’anomalies, mais dans la population globale de médecins en pratique, notre présence était une nouveauté. Dans l’évolution de notre carrière en tant que diplômées en médecine en 1976, nous étions rarement les premières femmes à accomplir ce que nous réalisions. Lorsque je suis devenue directrice du Département de médecine familiale à la Queen’s University à Kingston, en Ontario, j’ai eu l’honneur de succéder à Dre Janet Sorbie. Le Collège des médecins de famille du Canada a eu sa première présidente, Dre Joan Bain, en 1987, et je suis fière d’être la 5e présidente de notre organisation.

Aujourd’hui, en 2008, 55% des répondants de moins de 35 ans au Sondage national des médecins de 2007 (www.nationalphysiciansurvey.ca) sont des femmes. Près de la moitié (47%) des membres du Collège sont des femmes et elles représentent une claire majorité des membres de moins de 45 ans.

Des nombres égaux ne signifient pas l’égalité

Les données font de plus en plus valoir que les femmes consacrent moins d’heures à leur profession que les hommes. Quel que soit l’âge, le Sondage national des médecins de 2007 démontre que les femmes médecins déclarent 47,5 heures au travail en comparaison de 53,8 chez les hommes. Cet écart s’élargit de près de 13 heures par semaine pour les femmes qui ont des enfants de moins de 5 ans à la maison; il se situe à seulement 1,3 heure par semaine lorsque les enfants ont grandi, surtout s’il n’y a pas de personne à charge. En réalité, autant les hommes que les femmes plus jeunes que la génération du baby boom travaillent moins d’heures. Ils aspirent à un équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle différent de celui de ma génération, équilibre qu’ils atteignent d’ailleurs. (Même si nous parlons souvent de l’équilibre travail-vie personnelle, nous sommes chanceux d’avoir une profession satisfaisante, rémunératrice et absorbante - notre travail de médecin fait définitivement partie de notre vie.)

Les rapports concernant cette tendance en médecine blâmaient parfois les femmes médecins pour la pénurie globale de médecins. Lorsqu’il y a une pénurie de médecins de famille, il est facile pour certains de laisser entendre qu’un moins grand nombre de femmes en médecine réglerait le problème.

À l’autre extrémité du spectre se trouvent certains rapports qui décrivent les modes de pratique des femmes comme si elles avaient le monopole du souci d’autrui. Les femmes passent effectivement en moyenne plus de temps à chaque rencontre avec un patient et effectuent plus d’interventions de prévention1. Par contre, selon mon expérience, les hommes qui choisissent la médecine familiale font aussi un choix de carrière dans laquelle les relations patient-médecin sont essentielles; ils sont souvent euxmêmes l’épitomé des communicateurs compatissants.

Puis il y a ceux qui dénoncent de manière controversée la participation accrue des femmes dans la profession en suggérant que la profession elle-même a par conséquent été dévalorisée - ce que font les femmes, selon cette ligne de pensée, est moins valorisé par la société. Les femmes pratiquent la médecine familiale, elle doit donc être moins valorisée dans notre société.

Et pour l’avenir

Alors, que faire de ces tendances? Les femmes et les hommes ont beaucoup à offrir à la pratique de la médecine et de la médecine familiale en particulier. La médecine familiale met à contribution nos habiletés techniques, nos talents à écouter et à enseigner, notre énergie physique et notre profondeur émotionnelle et spirituelle. C’est un travail exigeant, incessant et l’on a besoin de tous ceux qui sont disposés à le faire. La planification des ressources en santé (telle qu’elle est) doit assurément prendre en compte les différences générationnelles et entre hommes et femmes dans les habitudes de pratique. Nos modes de pratique doivent s’adapter à la famille autant chez les hommes que chez les femmes médecins durant les années où ils élèvent leur famille. En ce qui a trait à la médecine familiale, que les médecins soient hommes ou femmes (mariés ou célibataires), je ne m’inquiète pas. Elle sera toujours tenue en haute estime là où les soins médicaux attentifs, compétents et individualisé sont valorisés.

Notes en bas de page

This article is also in English on page 653.

Référence

1. Contandriopulos AP, Fournier MA. Féminisation de la profession médicale et transformation de la pratique au Québec. Montréal, QC: Association médicale du Québec; 2007. [Accédé le 23 janvier 2008]. Accessible à: www.amq.ca/fra/PDF/feminisation_final.pdf.

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