PMCCPMCCPMCC

Search tips
Search criteria 

Advanced

 
Logo de canfamphysLink to Publisher's site
 
Can Fam Physician. 2007 septembre; 53(9): 1618.
French.
PMCID: PMC2234647

La tenue des dossiers en soins de première ligne

Les avantages d’un système électronique
Tom Bailey, MD CCFP FCFP
Fichier externe contenant une image, une illustration, etc.,
se présentant habituellement sous la forme d'un objet binaire quelconque.
 Le nom de l'objet concerné est 1617fig1.jpg

J’ai fait ma première expérience des dossiers médicaux électroniques (DME) en quatrième année de médecine. C’était en 1976, alors que je faisais un stage optionnel en pratique familiale à Nanaimo. J’étais surpris de voir que cette clinique particulièrement informatisée n’était pas la seule à utiliser des DME. Il y avait une autre clinique dotée d’un système électronique différent, juste en bas de la rue. Les deux systèmes avaient leurs forces et leurs faiblesses, mais ils étaient relativement fonctionnels pour l’époque et semblaient vraiment le début d’un avenir prometteur pour les dossiers électroniques et les communications. Par contre, l’utilisation des dossiers médicaux électroniques a progressé plutôt lentement dans les soins de santé au Canada.

Historique

En 1976, les ordinateurs prenaient beaucoup d’espace, parfois même toute une pièce. Leur fiabilité était douteuse, ils étaient coûteux et il fallait un personnel spécialisé pour les entretenir. Les dossiers comportaient surtout du texte ou étaient codés d’une façon si cryptique qu’il fallait un expert pour les déchiffrer. On se demandait même si la qualité des soins aux patients en serait améliorée.

Dix ans plus tard, un nouvelle vague d’utilisation de l’informatique dans les cabinets de médecins au Canada (pour la facturation et le calendrier des rendezvous) a atteint un sommet dans les provinces qui exigeaient la soumission électronique des réclamations pour services médicaux. Certains systèmes avaient comme caractéristique une modeste esquisse de dossiers médicaux électroniques. Initialement conçus pour les ordinateurs centraux, les systèmes sont rapidement devenus plus populaires lorsqu’ils ont été conçus pour des ordinateurs personnels—ce qui était beaucoup moins cher.

À cette époque, plusieurs secteurs de la société n’avaient pas beaucoup progressé dans l’utilisation des ordinateurs. Les soins de santé étaient au même niveau que le reste de la société et nous étions tous sur le point de connaître de très grands changements.

Au cours des derniers 10 ans, l’utilisation de l’électronique de pointe dans presque tous les secteurs de la société industrialisée a été progressive. La médecine a été à la fine pointe de ces changements, notamment en imagerie, en chirurgie et dans d’autres interventions. Dans de nombreux domaines spécialisés de la médecine, il serait inconcevable de pratiquer sans la technologie—à un point tel que certains ne seraient pas capables de pratiquer du tout!

Même si la technologie est nécessaire pour pratiquer et les patients consultent. Internet pour de l’information sur la santé, il y a encore des cabinets de médecins qui n’y ont pas accès.

Se brancher

Les soins de première ligne, incluant les services d’urgence, se fient encore aux dossiers manuscrits, souvent illisibles et inaccessibles aux dispensateurs de soins lorsqu’ils en ont le plus besoin. Même ceux qui utilisent les DME ne sont pas capables d’échanger des renseignements essentiels avec les urgences et les hôpitaux ni avec d’autres collègues et ce, même si une part de l’information existe sous forme électronique. Même si les hôpitaux, les autorités sanitaires et d’autres parlent d’un dossier de santé électronique (un inventaire complet de l’information médicale pour chaque patient), peu d’efforts ont été déployés pour brancher les dispensateurs des communautés à un tel système central.

Les médecins euxmêmes ont soulevé des problèmes concernant l’utilisation des DME, soit au chapitre de la protection des renseignements personnels, de la confidentialité et des coûts. Ironiquement, la protection des renseignements personnels et la confidentialité seraient bien meilleures avec un système électronique que sur papier. Le dernier argument concernant les coûts est plus pertinent. Estce convenable de s’attendre à ce que les médecins créent des infrastructures pour soutenir les DME?

À mesure que la médecine devient de plus en plus complexe, le potentiel de faire du bien comme de nuire augmente. Étant donné que les gens reçoivent des soins de santé dans une plus grande diversité d’établissements, il est essentiel de s’assurer que l’information telle que les résultats d’examens, la liste complète des médicaments et des allergies, soit accessible et mise à jour en temps réel. Sans l’utilisation des dossiers électroniques et l’échange approprié d’information exacte, il y a de grands risques de nuire aux patients en faisant des erreurs de commission ou d’omission.

Les coûts d’un système de DME complet pour les soins de première ligne et les urgences seront considérables, mais abordables. Les coûts seront beaucoup plus élevés si nous ne faisons rien et si nous continuons à répéter les mêmes examens et à compromettre la sécurité des patients.

La lumière était dans la pièce il y a 30 ans. Il est grand temps de l’allumer!


Articles from Canadian Family Physician are provided here courtesy of College of Family Physicians of Canada